Analyse de quelques productions écrites d'étuadiants libyens
Pour conclure cette recherche, nous rappelons que notre sujet porte sur les difficultés rencontrées par les étudiants libyens lorsqu'ils écrivent un texte en français. Nous avons donc analysé des écrits produits par ces étudiants en vue de préciser leurs difficultés sur deux niveaux: la cohérence globale et les erreurs lexicales qui influencent l'intention signifiante du texte.
Les résultats de ces analyses montrent que la défaillance du lexique peut couvrir des domaines à la fois assez variés et interdépendants. Ainsi, une erreur lexicale peut relever en même temps du niveau orthographique, syntaxique ou sémantique lorsqu'elle a affaire au sens global de l'énoncé. Et chacun de ces niveaux peut à son tour donner lieu à des sous-catégories distinctes. Localiser l'erreur est une étape importante pour comprendre sa nature mais cela n'était pas toujours simple, d'où la difficulté de regrouper les erreurs en catégories tranchées. Pourtant cette étape nous a révélé son efficacité dans le contexte d'enseignement / apprentissage car il ne s'agit pas seulement de donner des notes ou corriger simplement une copie d'étudiant, mais il s'agit aussi de comprendre ce qui ne va pas et de le faire comprendre à l'étudiant lui-même, avec la précision nécessaire pour qu'il apprend et évite de faire la même erreur. Notre intérêt a porté en particulier sur cette stratégie de comprendre l'erreur, d'où notre recours à une réécriture des énoncés qui nous ont semblé erronés.
Les erreurs commises au niveau local peuvent parfois avoir une influence majeure dans la compréhension des énoncés au niveau global. C'est pourquoi nous avons aussi cherché à mettre l'accent sur l'intention signifiante globale. Le choix du lexique, l'organisation des unités lexicales et leur distribution dans le texte ont leur influence sur ce que veut dire le scripteur. Ainsi, étant donné le thème principal sur lequel les étudiants se sont exprimés, un nombre assez réduit d'unités lexicales a été réellement utilisé dans les textes. Une telle restriction a l'intérêt de maintenir une certaine homogénéité du lexique utilisé. Par contre, cela a donné lieu à des répétitions souvent inutiles et gênantes, d'où l'impression parfois de manque de cohérence, d'où aussi notre supposition qu'il s'agit d'une lacune linguistique vu le niveau d'apprentissage des étudiants. Ajoutons à cela que l'absence, l'omission ou l'oubli d'une ou plusieurs unités lexicales a aussi son importance, comme les unités erronées, dans l'appréciation du texte et la compréhension de ses énoncés Notre analyse du corpus et les résultats auxquels nous sommes arrivé peuvent montrer qu'il est possible de varier les démarches pour analyser les textes d'étudiants et arriver à une méthode efficace pour tirer le maximum de profit afin de surmonter les difficultés que les étudiants étrangers rencontrent à l'écrit en français. Mais il faut noter que tout au long de ce travail, nous avons rencontré beaucoup de difficultés dues notamment à la réalité que nous-mêmes, nous sommes étranger à la langue française.
Ce travail de recherche modeste a tout de même son importance sur quelques points essentiels. D'une part il explore les difficultés de l'écrit en français en contexte d'apprentissage particulier, libyen, qui ne peut pas être indifférent par rapport à la langue française. D'autre part ce travail ouvre la voie vers d'autres recherches et études dans le domaine de l'écrit en français dans le contexte évoqué.
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